Le Mois sans tabac ouvre sa onzième édition le 1er novembre. L’arrêt du tabac fait partie des demandes les plus fréquentes en hypnose, et novembre est le mois où beaucoup de fumeurs se lancent. C’est donc le bon moment pour poser la question correctement : ce que l’hypnose peut apporter, et comment l’associer aux aides qui ont déjà fait leurs preuves.
Le Mois sans tabac, en pratique
Porté par Santé publique France et le ministère de la Santé, en partenariat avec l’Assurance Maladie, le défi propose d’arrêter de fumer ensemble pendant les trente jours de novembre. Le format repose sur un constat simple : un mois sans tabac multiplie par cinq les chances d’arrêter durablement, parce qu’au bout de trente jours les symptômes de manque ont largement reculé.
L’inscription est gratuite. Elle donne accès à un kit d’accompagnement, à l’application d’e-coaching Tabac info service et à un suivi téléphonique par un tabacologue.
Les repères utiles
- Le défi se déroule du 1er au 30 novembre 2026.
- L’inscription se fait sur le site Mois sans tabac.
- Le 39 89 met en relation avec un tabacologue, du lundi au samedi de 8h à 20h, pour un appel non surtaxé.
Le contexte est d’ailleurs plus encourageant qu’on ne le pense. Selon le Baromètre de Santé publique France publié en octobre 2025, 18 % des 18-75 ans fumaient quotidiennement en 2024, contre 25 % en 2021, soit près de quatre millions de fumeurs quotidiens de moins qu’il y a dix ans. Et plus d’un fumeur quotidien sur deux (55 %) déclare vouloir arrêter. Si vous vous posez la question, vous êtes loin d’être seul.
Les aides dont l’efficacité est établie
Avant de parler d’hypnose, je tiens à rappeler ce qui a fait ses preuves, parce que ces outils sont faciles d’accès et que les associer augmente les chances de réussite.
- Les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, inhaleurs) sont remboursés à 65 % par l’Assurance Maladie sur prescription, comme n’importe quel médicament. Ils peuvent être prescrits par un médecin, une sage-femme, un infirmier, un chirurgien-dentiste ou un masseur-kinésithérapeute.
- Le suivi par un tabacologue, gratuit au 39 89, avec des rendez-vous téléphoniques réguliers pendant toute la démarche.
- Le médecin traitant, qui peut adapter le dosage des substituts, proposer un traitement et assurer le suivi.
Ces aides agissent d’abord sur la dépendance physique à la nicotine. Une partie de ce qui fait fumer leur échappe pourtant, et c’est sur cette partie que l’hypnose trouve sa place.
Ce que l’hypnose vient travailler
Fumer n’est pas qu’une affaire de nicotine. Il y a les gestes (la cigarette du café, celle de la pause, celle qui suit un appel tendu), les croyances installées parfois depuis l’adolescence (« ça me détend », « je vais grossir », « je n’y arriverai pas ») et les émotions qui font allumer une cigarette sans même y penser. C’est sur ces dimensions que je travaille en séance :
- les rituels et les situations qui déclenchent l’envie, pour qu’ils perdent leur caractère automatique ;
- les croyances attachées à la cigarette, et l’image de soi en non-fumeur ;
- l’anxiété liée à l’idée même d’arrêter, qui fait reculer beaucoup de personnes avant d’avoir commencé ;
- la peur de la prise de poids, l’une des raisons d’abandon les plus fréquentes ;
- la confiance dans sa capacité à tenir, en préparant les moments difficiles avant qu’ils ne se présentent.
La nicotine n’explique qu’une partie de l’envie de fumer : le reste tient aux habitudes, aux émotions et à ce que l’on croit de soi.
L’hypnose se combine donc sans difficulté avec les substituts nicotiniques : ils aident le corps à se passer de la nicotine pendant que la séance travaille sur l’habitude et sur ce qui l’entretient. Vous trouverez plus de détails sur ma façon de travailler dans ma page consacrée à l’arrêt du tabac.
Ce que dit la recherche
Je préfère être claire sur ce point. Le rapport que l’Inserm a consacré à l’hypnose en 2015 n’a pas classé l’arrêt du tabac parmi les indications où son intérêt est démontré : les essais disponibles sont trop hétérogènes pour conclure à un effet supérieur à celui des autres approches. L’hypnose n’est donc pas un traitement de référence du tabagisme.
Cela ne la rend pas inutile pour autant. Elle intervient sur des dimensions que les aides classiques ne visent pas directement (le rapport au geste, l’anxiété, la motivation), et c’est pourquoi je la conçois comme un appui aux côtés de ces aides, plutôt qu’à leur place. J’ai détaillé l’état des connaissances dans un article consacré à ce que la recherche dit vraiment de l’hypnose.
La rechute se prépare aussi
Arrêter de fumer se fait rarement du premier coup, et chaque tentative apprend quelque chose sur les situations à risque. Ce qui fait le plus de dégâts tient souvent au raisonnement qui suit une cigarette reprise : « j’ai craqué, c’est fichu, je recommencerai plus tard ». Une seule cigarette devient alors un retour complet au tabac.
Ce moment-là se prépare à l’avance. En séance, nous travaillons sur les situations où l’envie risque de revenir (une soirée, une période de stress, un deuil, des vacances), et l’apprentissage de l’auto-hypnose vous donne un outil personnel à mobiliser seul, au moment où vous en avez besoin.
Comment j’aborde une demande d’arrêt
Le premier rendez-vous commence par faire le point : depuis quand vous fumez, ce que vous avez déjà tenté et ce qui a fonctionné, les moments où l’envie est la plus forte, et si des substituts ou un suivi médical sont en place. Si ce n’est pas le cas, je vous inviterai à y penser, parce que les deux démarches se renforcent. Le déroulé complet est décrit dans comment se passe une première séance d’hypnose.
Sur le nombre de séances, je ne donne pas de chiffre avant de vous avoir rencontré, pour les raisons que j’explique dans combien de séances d’hypnose faut-il prévoir. La réceptivité à l’hypnose varie elle aussi d’une personne à l’autre.
Si vous participez au Mois sans tabac, une première séance juste avant le 1er novembre ou dans les premiers jours du défi permet de préparer les situations difficiles avant qu’elles ne se présentent.
Questions fréquentes
L’hypnose suffit-elle pour arrêter de fumer ?
L’hypnose n’est pas un traitement de référence du tabagisme. Elle trouve sa place en complément des aides dont l’efficacité est établie (substituts nicotiniques, suivi par un tabacologue, médecin traitant), en travaillant sur les habitudes, l’anxiété et les croyances attachées à la cigarette.
Peut-on combiner hypnose et substituts nicotiniques ?
Oui, et c’est même une bonne combinaison. Les substituts réduisent les symptômes de manque liés à la nicotine, pendant que l’hypnose travaille sur les gestes, les situations et les émotions qui donnent envie de fumer.
Faut-il être inscrit au Mois sans tabac pour venir en séance ?
Non. L’inscription reste utile parce qu’elle est gratuite et donne accès à un kit, à l’application Tabac info service et au suivi d’un tabacologue au 39 89, qui s’associent très bien à un accompagnement en hypnose.
Les séances d’hypnose pour arrêter de fumer sont-elles remboursées ?
Les séances d’hypnose ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie en ville. Certaines complémentaires santé prévoient une participation sous forme de forfait annuel, à vérifier auprès de la vôtre. Les substituts nicotiniques, eux, sont remboursés à 65 % sur prescription.
Préparer votre arrêt du tabac
Un premier rendez-vous pour faire le point sur votre consommation et vos tentatives passées, à Paris 11 ou en visio.
Prendre rendez-vous sur DoctolibStéphanie Marmara
Masseur-kinésithérapeute depuis plus de trente ans, spécialisée dans la prise en charge de la douleur, et hypnothérapeute à Paris 11.