C’est l’une des questions qui reviennent le plus souvent au téléphone, juste après celle du déroulé d’une séance. C’est aussi celle sur laquelle il faut se méfier le plus des réponses trop nettes.

Vous lirez ailleurs des chiffres précis : trois séances pour arrêter de fumer, cinq pour une phobie, une seule pour tel ou tel motif. Ces chiffres rassurent, ils sont souvent commerciaux, et surtout ils sont annoncés avant même de vous avoir rencontré. C’est précisément ce qui devrait alerter, puisque personne ne peut savoir ce dont vous avez besoin sans connaître ce qui vous amène.

Pourquoi je ne donne pas de chiffre à l’avance

Trois raisons, et elles sont concrètes.

Un même motif recouvre des situations très différentes. Deux personnes qui appellent pour des douleurs persistantes peuvent vivre des réalités sans commune mesure : l’une avec une douleur installée depuis six mois et une vie restée active, l’autre avec quinze ans d’histoire, plusieurs tentatives derrière elle et un quotidien qui s’est peu à peu organisé autour du symptôme. Leur annoncer le même nombre de séances n’aurait aucun sens.

La réceptivité ne se connaît pas d’avance. Elle varie fortement d’une personne à l’autre, et on ne la découvre qu’en commençant.

La déontologie l’interdit. En tant que kinésithérapeute, je suis inscrite à un ordre professionnel dont le code de déontologie m’interdit de promettre un résultat, et cette obligation vaut pour l’ensemble de mon exercice, hypnose comprise. Annoncer « en trois séances, c’est réglé » revient à promettre un résultat sous l’apparence d’une information pratique.

Ce que « thérapie brève » veut dire

L’hypnose est rangée parmi les thérapies brèves, et l’expression est souvent mal comprise. Elle désigne une logique de travail plutôt qu’une durée garantie.

Une thérapie brève part d’un objectif défini au départ, travaille sur ce qui entretient le problème aujourd’hui plutôt que sur la reconstitution de toutes ses origines, et vise l’autonomie de la personne plutôt que la poursuite de la relation.

L’objectif explicite d’un accompagnement en hypnose est que vous n’ayez plus besoin de revenir.

Ce dernier point fait toute la différence. Un accompagnement qui rendrait indispensable la présence du praticien manquerait son but, en particulier sur des douleurs appelées à durer des années. C’est pour cette raison que l’apprentissage de l’auto-hypnose occupe une place centrale dans la plupart des suivis : il n’arrive pas en supplément à la fin, le travail y tend dès la première séance.

Comment se construit le suivi

Le fonctionnement le plus courant repose sur un premier rendez-vous, puis sur un point d’étape fixé à l’avance.

Le premier rendez-vous sert à retracer l’histoire de ce qui vous amène, à définir un objectif concret et à faire une première séance. À son issue, il est possible de donner une fourchette, pas un chiffre : quelques séances rapprochées pour certains motifs, un travail plus long pour d’autres.

Vient ensuite un moment que je considère comme essentiel et qui manque souvent : le point d’étape. Après trois ou quatre séances, on regarde ensemble ce qui a bougé, au regard de l’objectif formulé au départ et non d’une impression générale.

Au point d’étape, trois issues sont possibles :

  • quelque chose bouge dans la bonne direction, et l’on continue en espaçant les séances ;
  • rien ne bouge, et il faut comprendre pourquoi plutôt que d’ajouter des séances ;
  • l’objectif s’est déplacé en chemin, et il faut le redéfinir avant de poursuivre.

Des séances qui s’espacent

Un rythme fréquent commence par des séances rapprochées, toutes les une à deux semaines, puis s’écarte progressivement : trois semaines, un mois, six semaines.

Cet espacement fait partie du dispositif. Il laisse le temps de mettre en pratique entre les rendez-vous, et il permet de vérifier que ce qui a été travaillé tient sans appui extérieur. Une séance de consolidation quelques mois plus tard est fréquente et n’a rien d’un retour en arrière, en particulier sur des motifs comme l’arrêt du tabac, où les situations à risque se présentent parfois longtemps après.

Le signal d’alerte à connaître

Une configuration doit vous amener à poser des questions : un suivi qui se prolonge sans point d’étape, sans objectif révisé, et où l’on continue simplement parce qu’on a pris l’habitude de venir.

Cela peut arriver de bonne foi, des deux côtés. La relation est agréable, la séance fait du bien sur le moment, et l’on repousse le moment de constater que l’objectif de départ n’a pas bougé. C’est exactement ce que la logique des thérapies brèves cherche à éviter, et c’est pourquoi la date du point d’étape se fixe dès le premier rendez-vous.

Une question de coût, aussi

Autant l’aborder franchement. Les séances d’hypnose réalisées en ville ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie. Certaines complémentaires santé prévoient une participation, généralement sous forme de forfait annuel, ce qui se vérifie auprès de la sienne avant de commencer.

Cette absence de prise en charge rend la question du nombre de séances d’autant plus légitime. Vous pouvez demander à tout moment où l’on en est, ce qui reste à travailler et combien de temps cela devrait encore prendre, et attendre une réponse précise, formulée au regard de l’objectif fixé ensemble au départ.

Questions fréquentes

Combien de séances d’hypnose faut-il prévoir ?

Aucun nombre fixe ne peut être annoncé avant d’avoir rencontré la personne. Une fourchette se dessine à l’issue du premier rendez-vous, puis un point d’étape après trois ou quatre séances permet de vérifier ce qui a bougé au regard de l’objectif fixé au départ.

À quel rythme se déroulent les séances ?

Les premières séances sont souvent rapprochées, toutes les une à deux semaines, puis elles s’espacent progressivement à trois semaines, un mois ou six semaines, afin de laisser le temps de mettre en pratique entre les rendez-vous.

Les séances d’hypnose sont-elles remboursées ?

Les séances d’hypnose réalisées en ville ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie. Certaines complémentaires santé prévoient une participation sous forme de forfait annuel, à vérifier auprès de la sienne avant de commencer.

Que se passe-t-il si rien ne bouge après quelques séances ?

Ajouter des séances n’est pas la bonne réponse. Le point d’étape sert à comprendre pourquoi rien ne bouge, à redéfinir l’objectif s’il s’est déplacé, ou à orienter vers une autre approche lorsque l’hypnose ne convient pas. Pour situer ce que l’hypnose permet et ne permet pas, l’état des connaissances scientifiques est un bon point de départ.

Faire le point sur votre demande

Un premier rendez-vous permet de définir un objectif concret et de fixer, dès le départ, la date d’un point d’étape. À Paris 11 ou en visio.

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Stéphanie Marmara
Masseur-kinésithérapeute depuis plus de trente ans, spécialisée dans la prise en charge de la douleur, et hypnothérapeute à Paris 11.