Cet article ne va pas vous vendre l’hypnose. Il va vous dire ce que la recherche en établit, ce qu’elle n’établit pas, et ce à quoi il faut faire attention avant de prendre rendez-vous chez qui que ce soit, moi comprise.

Je l’écris parce que le sujet est saturé de promesses, et parce qu’une personne qui arrive en consultation avec des attentes fausses repart déçue quelle que soit la qualité du travail effectué. Autant poser les choses au départ.

La référence française : le rapport de l’Inserm

En 2015, à la demande de la Direction générale de la santé, une équipe de l’Inserm dirigée par le Pr Bruno Falissard a évalué l’efficacité de l’hypnose à partir d’une méta-analyse de 52 essais cliniques. C’est le document de référence en France, et il est consultable librement.

Ses conclusions tiennent en quelques lignes.

Deux indications ressortent avec des données convaincantes. La première est l’hypnose associée à une anesthésie ou à une sédation pendant une intervention, où les études montrent une réduction du recours aux médicaments antalgiques et sédatifs. La seconde est la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable, souvent appelé côlon irritable.

Pour les autres applications, les auteurs jugent les données insuffisantes, voire décevantes. Ils citent explicitement le sevrage tabagique, la douleur pendant l’accouchement, la prévention de la dépression du post-partum, la schizophrénie et les soins dentaires.

Le rapport évalue aussi l’EMDR, une approche voisine par mouvements oculaires. Sur le stress post-traumatique, les conclusions diffèrent nettement : les données ne permettent pas d’affirmer un avantage de l’hypnose sur les traitements classiques, alors que l’EMDR a fait ses preuves.

La position des chercheurs se résume ainsi : l’hypnose agit un peu, elle entraîne très peu d’effets secondaires, et elle ne constitue pas une révolution thérapeutique.

Ce que cette conclusion veut dire, et ne veut pas dire

Elle ne veut pas dire que l’hypnose est inutile. Un outil qui agit modestement, sans effets indésirables notables, et qui peut réduire le recours aux médicaments dans certaines situations, a une valeur réelle.

Elle veut dire que les attentes doivent être calibrées, et que toute présentation de l’hypnose comme une solution rapide et générale s’écarte de ce que la recherche soutient.

Les auteurs pointent d’ailleurs une difficulté de méthode qui mérite d’être connue. Évaluer une pratique qui dépend du praticien, de la personne, de leur relation et du moment est autrement plus difficile qu’évaluer un médicament. Les résultats varient donc beaucoup d’une étude à l’autre, ce qui invite à la prudence dans les deux sens : ni conclure trop vite à l’efficacité, ni conclure trop vite à l’inefficacité.

Sur la sécurité

C’est le point le plus rassurant du rapport. Aucun effet indésirable grave ne paraît attribuable à l’hypnose. Les auteurs précisent qu’on ne peut pas exclure l’existence de tels événements, mais que leur fréquence serait faible.

Ils formulent en revanche deux réserves qui ne concernent pas la technique mais son usage, et ce sont les deux points sur lesquels il faut être vigilant.

  • Les dérives éthiques que les techniques de suggestion peuvent entraîner. Une personne en état de réceptivité accrue est dans une position où la responsabilité du praticien est engagée.
  • La perte de chance : le risque qu’un accompagnement retarde l’accès à des soins conventionnels nécessaires. Le rapport recommandait d’ailleurs un système de recueil comparable à la pharmacovigilance, pour suivre ce qui se passe réellement sur le terrain.

Le titre d’hypnothérapeute n’est pas protégé

En France, aucun texte officiel ne protège le terme d’hypnothérapeute. C’est écrit dans le rapport de l’Inserm, qui décrit une pratique extrêmement hétérogène.

Concrètement : n’importe qui peut ouvrir un cabinet, se déclarer praticien en hypnose et recevoir des patients, sans diplôme de santé et sans formation vérifiée.

Les formations se répartissent en deux mondes qui n’ont rien à voir. Certaines sont réservées aux professionnels de santé et aux professionnels habilités dans le champ de la santé mentale : médecins, infirmiers, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes, psychologues. D’autres sont ouvertes à tout le monde, sans prérequis.

Cette différence n’est pas anecdotique. Elle détermine si la personne en face de vous est capable de repérer qu’un symptôme relève d’abord d’un examen médical, ce qui est précisément la compétence qui protège du risque de perte de chance.

Trois questions à poser avant un premier rendez-vous

Elles valent pour tout praticien en hypnose, et vous pouvez les poser sans gêne.

  • Quel est votre diplôme de santé ? Une réponse claire et vérifiable, ou l’absence de diplôme assumée, vous renseignent également.
  • Où avez-vous été formé à l’hypnose ? Le nom de l’organisme, la durée, le contenu. Un cursus sérieux se raconte facilement.
  • Êtes-vous inscrit à un ordre professionnel ? Quand la profession en possède un, l’inscription implique un code de déontologie et une instance devant laquelle le praticien répond de sa pratique.

Un quatrième signal, négatif celui-là : méfiez-vous de toute garantie de résultat, de tout nombre de séances annoncé avant même de vous avoir rencontré, et de tout discours qui oppose l’hypnose à la médecine.

Ma position

Je suis kinésithérapeute depuis plus de trente ans, et j’exerce l’hypnose en complément de cette pratique, principalement sur la douleur persistante. Cette double appartenance a une conséquence directe sur ce que je peux vous dire : étant inscrite à un ordre professionnel, je suis tenue à un code de déontologie qui m’interdit de vous promettre un résultat, et cette obligation s’étend à l’ensemble de mon activité, hypnose comprise.

Je considère cette contrainte comme une bonne chose. Elle me force à vous dire ce que je viens de vous dire plutôt que ce qui serait plus vendeur.

Ce que je peux affirmer : l’hypnose est une approche complémentaire, dont l’intérêt est établi sur certaines indications et incertain sur d’autres, qui ne remplace aucun traitement et aucun suivi, et qui suppose un bilan médical préalable. C’est sur cette base que je travaille, et c’est ce que je vous expliquerai au premier rendez-vous.

Questions fréquentes

L’efficacité de l’hypnose est-elle prouvée ?

Sur deux indications seulement, selon le rapport de l’Inserm de 2015 fondé sur 52 essais cliniques : l’hypnose associée à une anesthésie ou à une sédation pendant une intervention, et le syndrome de l’intestin irritable. Pour les autres applications, dont le sevrage tabagique, les données sont jugées insuffisantes.

L’hypnose présente-t-elle des risques ?

Le rapport de l’Inserm n’identifie aucun effet indésirable grave attribuable à l’hypnose. Il signale en revanche deux risques liés à son usage : les dérives éthiques permises par les techniques de suggestion, et la perte de chance lorsqu’un accompagnement retarde l’accès à des soins nécessaires.

Le titre d’hypnothérapeute est-il protégé ?

Non. En France, aucun texte officiel ne protège ce titre. Certaines formations sont réservées aux professionnels de santé, d’autres sont ouvertes sans prérequis. Il est donc légitime de demander à un praticien son diplôme de santé, sa formation en hypnose et son éventuelle inscription à un ordre professionnel.

Poser vos questions avant de commencer

Un premier rendez-vous sert d’abord à vérifier que votre demande relève de ce que je peux accompagner, à Paris 11 ou en visio.

Prendre rendez-vous sur Doctolib

Stéphanie Marmara
Masseur-kinésithérapeute depuis plus de trente ans, spécialisée dans la prise en charge de la douleur, et hypnothérapeute à Paris 11.