C’est un mal de tête qui ne ressemble pas à une migraine. Pas de pulsations, pas de nausées, pas besoin de s’enfermer dans le noir. Plutôt une pression diffuse, des deux côtés, comme un bandeau serré autour du crâne ou un casque trop petit. Une intensité modérée, mais une présence qui s’installe et qui use.

C’est la céphalée de tension, et c’est le mal de tête le plus répandu. Sa prévalence est supérieure à celle de la migraine, ce qui en fait un motif de consultation très fréquent. Elle est pourtant nettement moins connue, sans doute parce qu’elle est moins spectaculaire.

Beaucoup de personnes vivent avec pendant des années en la considérant comme un trait de caractère plutôt que comme quelque chose sur quoi agir.

Ce qui se passe, en deux mécanismes

Les travaux sur la céphalée de tension décrivent deux mécanismes qui s’articulent.

Le premier est musculaire. Les structures qui entourent le crâne (les muscles du cou, de la nuque, des tempes et de la mâchoire) deviennent sensibles et douloureuses. Cette activation des tissus explique la localisation en bandeau, et la sensibilité à la palpation que l’on retrouve souvent à l’examen.

Le second est central. Quand les maux de tête se répètent et se rapprochent, un phénomène de sensibilisation s’installe : le système nerveux abaisse son seuil de déclenchement, et il faut de moins en moins de tension musculaire pour produire de plus en plus de douleur.

Ces deux mécanismes n’ont pas le même poids selon les formes. Dans les céphalées occasionnelles, la part musculaire domine. Dans les formes chroniques, la sensibilisation prend une place croissante. C’est pour cela qu’une céphalée de tension qui s’installe change progressivement de nature, et devient plus difficile à défaire avec le temps.

Le lien avec la mâchoire et le cou

C’est une piste qui échappe souvent, et je la retrouve régulièrement en rééducation maxillo-faciale.

Les muscles qui ferment la mâchoire, en particulier les temporaux, occupent une large surface sur les côtés du crâne, exactement là où beaucoup de personnes situent leur mal de tête. Un serrement de dents prolongé maintient ces muscles en contraction pendant des heures. Le résultat ressemble à s’y méprendre à une céphalée de tension, parce que c’en est une.

Quelques indices orientent vers cette piste :

  • un mal de tête présent dès le réveil ;
  • des tempes douloureuses quand on appuie dessus ;
  • une mâchoire fatiguée en fin de journée, ou un craquement à l’ouverture ;
  • une usure dentaire signalée par le dentiste.

Le cou joue un rôle comparable. Les muscles de la nuque, maintenus en tension devant un écran ou pendant une nuit mal installée, projettent la douleur vers l’arrière du crâne et vers les tempes.

L’écueil des antalgiques

Il faut dire un mot d’un piège qui concerne beaucoup de personnes, parce qu’il transforme le problème en un problème plus grave.

Les recommandations fixent une limite claire : la prise d’antalgiques doit rester ponctuelle, avec un plafond de dix jours par mois, pour éviter les céphalées par abus médicamenteux. Au-delà, le médicament pris pour soulager le mal de tête devient lui-même une cause de mal de tête, dans un cercle qui s’entretient seul et qui est difficile à défaire.

Si vous prenez un antalgique plus de dix jours par mois pour des maux de tête, ce n’est pas d’un article dont vous avez besoin, c’est d’une consultation médicale.

Ce que l’hypnose vient travailler

Pour la céphalée de tension, les recommandations décrivent une approche graduée qui commence par les mesures non médicamenteuses. Elles insistent sur la compréhension du mécanisme, l’identification des facteurs déclenchants et les stratégies d’adaptation. Pour les formes chroniques, une prise en charge multidisciplinaire est recommandée afin d’éviter que le mal de tête ne s’installe durablement.

L’hypnose s’inscrit dans ce cadre, et le travail porte sur trois choses.

  • La tension elle-même. Relâcher volontairement des muscles qui se contractent automatiquement demande d’abord de sentir qu’ils sont contractés, ce qui n’est pas évident quand la contraction est devenue l’état habituel.
  • L’anticipation. Quand les maux de tête sont fréquents, une partie de la journée se passe à guetter leur arrivée. Cette vigilance est elle-même une source de tension, et la crainte du mal de tête finit par participer à sa survenue.
  • Un geste disponible. L’apprentissage de l’auto-hypnose donne quelque chose à faire quand la pression monte, autre chose que d’attendre ou de reprendre un comprimé.

Il faut rester mesuré sur le niveau de preuve. Le rapport de l’Inserm de 2015 retient des données solides pour l’hypnose dans deux indications seulement, et la céphalée de tension n’en fait pas partie. Ce qui est proposé ici relève d’une approche complémentaire, dans un cadre qui inclut le suivi médical, et non d’un traitement validé sur cette indication.

Avant tout, écarter ce qui n’est pas une céphalée de tension

Certains signes imposent une consultation sans attendre : un mal de tête qui change de caractère, qui devient plus intense ou plus fréquent, qui apparaît brutalement, ou qui s’accompagne de fièvre, d’une raideur de nuque, de troubles visuels, d’une confusion ou d’une difficulté à parler.

Ces situations relèvent de la médecine, et parfois de l’urgence. Le diagnostic de céphalée de tension se pose après avoir écarté les autres causes, et cette étape passe avant tout le reste.

Par où commencer

Si vos maux de tête sont anciens, diagnostiqués, et que vous cherchez à réduire leur emprise sans augmenter les antalgiques, plusieurs pistes se combinent.

Repérer votre schéma : à quel moment de la journée, dans quelles circonstances, avec quels signes annonciateurs. Un carnet tenu pendant trois semaines en apprend souvent plus qu’une longue discussion.

Examiner la piste de la mâchoire, surtout si les tempes sont douloureuses et si le réveil est le pire moment de la journée.

Puis travailler la tension là où elle naît plutôt que de la traiter une fois installée. Un premier rendez-vous sert d’abord à retracer cette histoire : depuis quand, à quelle fréquence, ce qui a déjà été essayé et avec quel effet.

Questions fréquentes

Comment reconnaître une céphalée de tension ?

C’est une douleur en pression, diffuse, des deux côtés de la tête, comme un bandeau serré autour du crâne. Son intensité est modérée, elle ne pulse pas et ne s’accompagne généralement pas de nausées, ce qui la distingue de la migraine. Le diagnostic se pose après avoir écarté les autres causes de mal de tête.

Combien de jours par mois peut-on prendre des antalgiques pour un mal de tête ?

Les recommandations fixent un plafond de dix jours par mois. Au-delà, le médicament pris pour soulager le mal de tête peut en devenir la cause, ce que l’on appelle une céphalée par abus médicamenteux. Dépasser ce seuil justifie une consultation médicale.

Un mal de tête peut-il venir de la mâchoire ?

Oui. Les muscles temporaux, qui ferment la mâchoire, couvrent une large surface sur les côtés du crâne. Un serrement de dents prolongé les maintient contractés pendant des heures, ce qui peut produire une céphalée de tension. Un mal de tête présent dès le réveil et des tempes douloureuses à la pression orientent vers cette piste.

Faire le point sur des maux de tête qui reviennent

Un premier rendez-vous sert à retracer l’histoire de vos céphalées, à Paris 11 ou en visio.

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Stéphanie Marmara
Masseur-kinésithérapeute depuis plus de trente ans, spécialisée dans la prise en charge de la douleur, et hypnothérapeute à Paris 11.